Melle L. est au chômage et arrive en fin de droit. Elle a eu une carrière difficile dans les ressources humaines où elle du souvent gérer des licenciements abusifs pour dégager des bénéfices et enrichir des actionnaires peu scrupuleux qui roulaient en Jaguar. Ces expériences traumatisantes l’ont désillusionné sur le monde du travail et elle ne sait plus quoi faire.

Elle n’arrive plus à trouver l’envie de travailler. Elle est désorientée et ne sait vers quels métiers s’orienter. Elle tente des missions ponctuelles dans les RH, mais elle est vite à nouveau écœurée. Elle ne trouve plus aucune motivation pour chercher un travail et se sent complètement déphasée et décalée par rapport au monde du travail. Elle panique ne sachant plus quoi faire pour travailler alors que sa fin de droit arrive.

Le problème de L. est qu’elle n’a plus de lien avec ses propres valeurs, elle ne sait plus comment se positionner dans la vie professionnelle. Elle sait ce qu’elle ne veut plus et ne peut plus faire mais ne peux plus exprimer de désir dans le travail.

Ce n’est pas son orientation qui est en cause, mais son positionnement qui ne fonctionne plus. Elle ne peut plus travailler pour des causes auxquelles elle n’adhère pas. Mais à force d’avoir trop servi des mauvaises causes et fait allégeance à des chefs sans scrupules, elle a perdu le lien avec ses propres valeurs professionnelles.

Le travail a consisté à revenir sur les expériences du passé pour comprendre et exprimer pourquoi elles ont été mal vécues. Ce travail permet de faire reconnaitre son indignation comme légitime. Les valeurs profondément positives sur lesquelles s’appuie l’indignation sont ensuite identifiées avec facilité ce qui permet par la suite d’affirmer des valeurs professionnelles claires.

Les expériences professionnelles négatives dans lesquelles il ya soumission à une autorité supérieure ont tendance à effacer de la conscience les valeurs personnelles que l’on aimerait exprimer dans sa vie professionnelle. La répétition des demandes de nier ses propres valeurs (comme par exemple de dire à quelqu’un d’exécuter une tache qui le répugne avec la menace de se passer de lui s’il ne s’exécute pas sans broncher) finit par rendre les valeurs personnelles floues et ténues, si intangibles, qu’il devient difficile de s’affirmer avec ses propres valeurs dans une recherche d’emploi. Au bout de quelques années, quand le dégoût du travail rend l’exécution de la tache impossible, mais que rien n’a été mis en place pour affirmer ses valeurs, on se trouve dans une impasse. L’identification des valeurs est un travail qui redonne vie aux envies professionnelles après un traumatisme de déni de ses propres valeurs.