bs00005_Une étude américaine qui s’intitule « « Est-il rentable d’être gentil ? Les effets de l’amabilité sur l’écart salarial entre les deux sexes » démontre qu’en entreprise, les méchants gagnent plus que les gentils. L’écart est loin d’être négligeable. L’étude montre que les méchants gagnent 18% de plus que les gentils ! soit un écart moyen de 7000 € par an pour les hommes et de 1300 € pour les femmes. Et oui, en plus l’étude nous rappelle ce fait tristement célèbre de la différence des salaires entre hommes et femmes. Chez les femmes aussi, les méchantes gagnent plus que les gentilles, mais dans une moindre mesure. Les hommes doivent avoir un petit faible caché pour les femmes dociles…

pe00501_18 % de plus, cela laisse rêveur… L’étude a été menée par 3 universitaires américains et présentée récemment à un congrès de management. Les personnes gentilles sont définies selon ces 6 critères : la confiance, la franchise, l’altruisme, le respect, la modestie et la tendresse d’esprit. Les méchants sont ceux qui ne réunissent pas ces critères.

pe00523_Donc en gros ceux qui ont une tendance à la méfiance, à faire des coups tordus, à l’égoïsme, à l’irrespect, à se prendre pour des cadors et à utiliser la dureté. Et bien ce sont ces personnes là qui gagnent plus dans le système des entreprises. Pas parce qu’ils sont plus efficaces que les autres, au contraire, les gentils gèrent mieux leurs équipes et leur fonctionnement, non, mais plutôt parce qu’ils sont plus durs à la négociation salariale, parce qu’ils vont être retors avec le patron si on ne les satisfait pas.

Ce n’est pas une nouvelle, c’est une démonstration.

C’est parfaitement logique et on le soupçonnait depuis un bon moment. L’article de la Tribune qui relate cette étude en France à l’air de s’étonner de ce fait. Mais franchement, quand on a vécu en entreprise on sait ce que vaut le courage des managers. Leur reconnaissance spontanée de la valeur des subalternes dociles et travailleurs s’effondre devant les caprices des casse-pieds de service qui réclament toujours plus, en se débrouillant pour en faire toujours moins. Et ce sont en général les gentils qui se prennent les problèmes sur la tête puisqu’ils ne râleront pas pour les résoudre.pe00515_

Donc cette étude relatée courageusement par la Tribune, l’Express et France Info (quid du Monde, du Figaro, du canard enchaîné, de Libération… ça valait pourtant un gros titre non ?) ne nous apprend rien mais confirme tout. Le monde de l’entreprise aujourd’hui encourage et valorise des valeurs négatives alors que les valeurs humaines positives sont méprisées et exploitées sans vergogne.

J’ai quitté le monde de l’entreprise fin 2009 après avoir passé deux ans à essayer de faire valoir ma place par mes qualités humaines et mon implication. Ca ne marche pas. Une jeune femme est en train de vivre ce même parcours qu’elle relate à merveille dans des articles que publie Marie-Lore sur son blog.

Le monde de l’entreprise aujourd’hui, ne valorise pas la gentillesse. Il la dévalorise. A mon avis, pas par méchanceté pure, mais par manque de courage et d’empathie. Les premiers de la classe qui arrivent aux postes clés du management ne sont pas méchants, ils n’ont pas été éduqués au bonheur, à la gentillesse et à l’empathie. Rappelez-vous cette vidéo de Faycal Hafidi, ils ne sont pas sympathiques les premiers de la classes. Ils sont tout le temps dans la compétition, égoïstes et sans vie. Et se sont eux qui fixent les règles du management dans votre entreprise et dans le monde.

Alors pourquoi encore attendre d’eux un regard bienveillant, protecteur et respectueux des valeurs humaines positives ?

Ceux qui changent le monde devront changer l’entreprise ou la quitter. Il n’y a pas d’autre alternative. Amis gentils, vous êtes officiellement prévenus maintenant.