Je me souviens d’au moins quatre collègues de travail qui ont du passer entre une à deux années pleines à faire semblant de travailler et à brasser du vent avant d’être réellement repérés et démasqués. Ils avaient probablement d’autres envies, d’autres passions, ou tout simplement d’autres compétences que celles pour lesquelles ils avaient été recrutés mais ils continuaient à faire comme s’ils étaient à leur place.

Il est stupéfiant de voir à quel point un jeu de dupe peut s’installer et durer entre un employé qui ne trouve pas ou plus son compte à son poste et un manageur qui a du mal à imaginer avoir fait un mauvais choix de départ. Il est vrai, les tests le démontre (voir le génial « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens ») que le manageur qui a fait un premier choix a du mal à admettre son erreur et préfère s’enfoncer longuement dedans plutôt que de la reconnaître rapidement.
Les choix initiaux qui sont difficilement remis en cause sont donc cruciaux et  font souvent l’objet d’un investissement et d’une attention très particulière. Les cabinets de recrutement en savent quelque chose. Les choix d’un prestataire entre dans la même catégorie.

En matière de positionnement et d’identité professionnelle, l’exemple du recrutement nous montre que les réseaux sociaux ont considérablement accru la nécessité de véhiculer une image sincère si on ne veut pas se faire rejeter. Voici trois études récentes qui le démontrent :

Sur les réseaux sociaux, le profil est une image fidèle de l’individu – L’Atelier de BNP Paribas  – Publié le 27 Mai 2009
Réseaux sociaux: à quel point les photos révèlent-elles la personnalité? – PsychoMédia  –  Publié le 03 novembre 2009
45% des recruteurs consultent les réseaux sociaux – A.Pa (lefigaro.fr) – 26/08/2009
Ces trois études démontrent que les profils des réseaux sociaux sont plutôt fidèles à la personnalités des individus, que quoique l’on y fasse, notre photographie aura toujours tendance à nous représenter bien tel que nous sommes, et que les recruteurs usent de plus en plus des réseaux pour nous connaître avant de faire leur choix. Il est donc de plus en plus difficile de maquiller la réalité et de plus en plus nécessaire de se connaître réellement.

Si on était très conscient de notre valeur personnelle et si nous lui prêtions un crédit suffisant pour s’appuyer dessus afin de nous valoriser intelligemment, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le problème c’est que bien souvent, on ne sait pas vraiment qui on est, quelle est notre identité professionnelle, que ce soit en tant qu’employé, porteur de projet ou entrepreneur. On véhicule une identité un peu bricolée qui ne colle pas à la réalité. On se positionne sur des marchés où l’on n’est pas légitime. On postule a des postes qui ne nous correspondent pas parce qu’on croit qu’on devrait faire ceci ou cela au lieu de faire ce pour quoi nous sommes intimement faits.
Ce pour quoi nous sommes intimement faits se découvre à partir de notre identité profonde et réelle.

Le résultat, c’est que l’on se positionne mal et que l’on est rejeté dans nos démarches professionnelles. On ne comprend pas pourquoi on n’accroche pas les clients ? Pourquoi l’activité ne décolle pas ? Pourquoi le recruteur ne rappelle pas ? (35% des recruteurs renoncent à embaucher après avoir visité les pages Facebook, Twitter ou encore Myspace des candidats potentiels, selon une étude publiée par le site américain Careerbuilder.com)

Pourquoi ? Parce que nous ne nous appuyons pas sur notre véritable identité et que notre positionnement est bancal.

Les réseaux sociaux ne nous permettent plus de tricher ni de déguiser notre réalité pour asseoir une identité professionnelle un peu bricolée, un tantinet opportuniste, voir carrément mensongère. Si on n’est pas sincère, on se trahit tout seul à moins de décider de ne pas exister ce qui sera de plus en plus perçu comme une dérobade et finira par devenir une attitude louche.

Alors, n’est-il pas temps d’accorder notre identité et notre positionnement avec nous-mêmes et d’assumer pleinement la merveilleuse personne que nous sommes?