Il y a quelques jours, j’ai animé un petit déjeuner au café créa de Nathalie sur le thème du positionnement professionnel. Pour préparer le petit déjeuner, je suis revenu sur ce blog, et j’ai relu quelques articles anciens. Ce fut une belle occasion de faire une synthèse sur ce qu’est le positionnement professionnel dans la vie d’un individu. Voici cette un résumé pour les absents qui n’étaient pas là à la conférence. Pour que ce qui était présent ce sera l’occasion de trouver les liens sur les articles d’origine.

J’ai abordé quatre sujets lors de cette conférence.

Le premier est une compréhension des trois étapes de développement professionnel d’un individu : l’initiation, la pratique et la maîtrise.

La difficulté, aujourd’hui, est que la société de consommation issue des 30 glorieuses à développé une course à la productivité qui met l’accent sur l’état de la pratique dans le développement professionnel au détriment des phases d’initiation et de maîtrise. On est fier d’évoquer la croissance du PIB comme si le principal indicateur de bonne intégration des individus dans la vie professionnelle était leur productivité et les résultats qu’elle engendre. Structurellement notre société génère donc logiquement du chômage chez les jeunes et chez les seniors, les initiés et les maitres, car elle ne prend pas assez en considération l’importance de l’initiation et de la maîtrise dans le développement professionnel des individus. Cela génère des travers importants : une mise sur le marché du travail précipitée des jeunes qui se positionnent en individus productifs sur des métiers et des activités qui leur correspondent à moitié, et à l’autre bout de la chaîne, une dépréciation de l’individu dont productivité diminue qui crée une perte considérable de transmission du savoir sur le plan humain avec la mise à l’écart des seniors.

Ce contexte général est important à prendre en compte lorsque l’on recherche son positionnement professionnel. Il nous invite à nous poser deux questionsavons-nous pris assez de temps à nous initier à la vie professionnelle en découvrant notamment nos potentialités, notre capacité ? Avons-nous encore envie de produire, de générer des biens ou des services en quantité pour répondre à des besoins ou, sommes-nous dans une étape de notre vie nous souhaitons transmettre d’une autre manière ?

Le deuxième thème de la conférence est lié à la nature même du positionnement professionnel. Notre éducation développe notre orientation professionnelle, mais elle ignore le positionnement professionnel qui est pourtant la préoccupation qui va devenir la plus importante à mesure que notre vie avance. L’orientation professionnelle c’est la reconnaissance de nos inclinations, nos aptitudes humaines et de nos compétences qui déterminent le métier  qu’il est bénéfique, profitable, ou tout simplement passionnant que nous exercions. Par exemple, l’orientation professionnelle déterminera si l’on veut embrasser une carrière de plombier, l’avocat, de médecin etc.

Le positionnement professionnel, c’est la manière dont on va exercer ce métier et la place que l’on va souhaiter prendre dans la société par rapport à cet exercice. Un médecin par exemple, pourra souhaiter exercer la médecine de manière humanitaire. Ou alors il trouvera sa place en devenant la référence dans un petit village de campagne avec des liens très forts avec tous ses patients. Il pourra aussi devenir un spécialiste très pointu dans son domaine ou encore un médecin arriviste qui se préoccupe peu de la santé en général et enchaîne consultations sur consultations… Une seule orientation professionnelle peut engendrer des milliers de positionnements possibles, avec le même métier. Ce qui nous guide dans notre vie professionnelle devient de plus en plus la notion de positionnements beaucoup plus que celle de l’orientation que l’on a prise au départ. C’est pourquoi il est fondamental de reconnaître chez soi son positionnement pour exercer son métier avec aisance et plaisir.

Ceci nous amène au troisième thème de cette conférence : comment savoir si on est à sa place ? Lorsque notre environnement extérieur nous bouscule, ou que nous-mêmes nous posons des questions sur notre place dans notre activité professionnelle, il est très difficile d’obtenir une information objective qui nous permet de nous situer dans notre environnement. Malheureusement les métiers de la gestion des ressources humaines sont le plus souvent exercer dans le but d’optimiser la productivité des salariés et pas dans celui de les rendre heureux ou de les aider à se positionner à leur meilleure place. Savoir si on est à sa place devient donc une vraie difficulté car on ne nous renvoie pas spontanément une image juste de nous-mêmes. L’image est biaisée par les attentes qui sont autour de nous.

Alors on se renferme. On ne parle plus à personne de peur d’éveiller les soupçons sur notre malaise. C’est pourtant exactement ce qu’il ne faut pas faire. Nous sommes entourés de bien plus de personnes que notre patron, notre DRH, ou je ne sais quel collègue ambitieux peu recommandable. Il y a autour de nous plus de gens bienveillants qu’on ne se l’imagine. Une excellente manière de savoir si on est à sa place, ou qui l’on est, consiste à s’ouvrir sincèrement à ces personnes, à leurs critiques en leur demandant ce qu’ils pensent de nous, comment ils nous perçoivent, quelle image nous leur renvoyons, quel genre de collègues nous somme, qu’est-ce que nous apportons à l’entreprise ? Ce tour de table vaut tout les bilans de compétences ! Multiplier les points de vue et la meilleure manière de mettre la lumière sur ce que nous sommes.

Ce petit tour d’horizon peut amener dans certains cas le besoin de se repositionner professionnellement voir, de modifier son orientation. Cette dynamique de changement et de transformation pose souvent un problème de légitimité de notre pratique, notre 4eme point de cette conférence. La légitimité est un sujet sensible, particulièrement  en France, pays ou elle est très souvent confondue avec l’exercice légal. La légitimité d’un exercice professionnel se construit autour de 4 piliers : la connaissance théorique, la technique, la pratique expérimentale et l’acquisition et la maîtrise des outils.

L’acquisition de ses 4 piliers légitime l’exercice professionnel dans sa phase de praticien de l’étape du développement professionnel où nous pouvons vivre de nos productions de biens et de services. Il ne reste plus alors qu’à s’assurer du cadre légal de notre exercice pour se sentir à l’aise dans sa nouvelle activité professionnelle.

Voilà, j’espère que ce petit article vous permettra d’y voir plus clair dans votre positionnement ou votre repositionnement professionnel actuel au cours. Merci de votre attention et à très bientôt.