« La culture française du conflit et de l’affrontement est pour beaucoup dans la difficulté économique de la France. Dans les démocraties du Nord de l’Europe, la concertation entre employeurs et salariés et l’esprit de consensus participe à l’epanouissement de l’economie. »
Henry Weber, député européen PS

J’ai noté il y a quelques jours cette citation de cet homme politique qui venait faire la promotion de son dernier ouvrage dans lequel il prône une troisième construction de la sociale démocratie.
Ma citation n’est pas exacte, mots pour mots, car je l’ai notée en directe, mais je pense avoir restitué le sens principal de cette phrase.

En l’écoutant parler à la Tv, la justesse de cette phrase et son courage politique m’ont marqué. Henry Weber attribuait une partie de l’état calamiteux de l’économie française à l’absence d’intelligence relationnelle, à l’esprit belliqueux et retord de la culture orgueilleuse d’affrontement « à la française ». C’est quelque chose que je ressens profondément et je dois dire que je n’ai aucune sympathie pour la lutte des classes, l’affrontement bestiale, les luttes et les guerres.

Ce qui était novateur et courageux dans son positionnement était de suggérer que l’amélioration des relations dans une société pouvait être un facteur d’amelioration de la prosperité économique. Mesure-t-on réellement à quel point l’energie déployée dans les luttes et les conflits stériles nous appauvrissent et nous ruinent? Si on pouvait avoir une mesure objective de l’impact de nos mésententes sur notre prospérité, que découvririons-nous?

À mon sens, on découvrirait un gouffre, une faille énorme, un puis sans fond qui vide nos ressources et notre énergie pour nous laisser sur la paille, dans la misère.

Je remarque en ce moment autour de moi, dans le contexte de crise, que les personnes qui se maintiennent dans le ressentiment, le conflit ou l’absence de lumière et de clarté nécessaire à construire un état d’échange et de communication apaisée avec les autres, se retrouvent dans une situation économique insatisfaisante. Ils ont plus de difficultés avec les conditions matérielles de la vie. Alors que ceux qui s’engagent dans une voix de clarté, de transparence, de concertation et d’apaisement de leurs relations, ont un état de confiance et de tranquillité de leur conditions de vie matérielle beaucoup plus grand. Ils mettent leur énergie à déployer leurs potentiels et leur créativité ce qui finit par leur revenir, au lieu de l’utiliser pour lutter contre des moulins à vent.

Je ne dis pas que les uns sont plus riches que les autres, mais que les premiers se sentent en crise économique et en crise d’abondance alors que les seconds sont calmes et sereins, et vivent dans des conditions qui leur conviennent.

Ce dont parle Henry Weber à l’échelle d’une nation me semble vrai aussi à l’échelle individuelle. Si nous utilisons notre énergie durablement à vivre dans la concertation, l’écoute de l’autre, la clarté et la transparence, nous développons notre prospérité collectivement comme le fond les économies sociales des pays du nord de l’Europe. Alors que si nous restons coincés dans des ressentiments, colères, haines, envies, jalousies, peurs de l’autres, désirs de vengeance, comme les luttes des classes l’ont illustré au siècle dernier, ou comme les débats politiques le montrent trop souvent encore, nous fossilisons notre développement économique personnel, nous bloquons notre épanouissement, et nous subissons les crises avec le sentiment de ne pas pouvoir les dépasser ou les surmonter.

Alors faisons un geste pour la crise et notre portefeuille, abandonnons les luttes stériles et ouvrons-nous à la concertation et à l’apaisement sans avoir besoin qu’une grosse catastrophe collective ne nous tombe dessus pour retrouver le sens de la solidarité.