ideeNon, il ne s’agit pas d’un sujet géopolitique. Quoique… Cette petite histoire illustre peut-être aussi pourquoi nous choisissons les luttes et les combats d’opposition plus que la réunification de nos forces.
En 2007 dans l’entreprise dans laquelle je travaillais à l’époque, j’ai participé à un petit jeu entre deux équipes de l’entreprise. Le jeu était très simple. Chaque équipe devait choisir secrètement une couleur entre « bleu » et « rouge », puis la dévoiler, un peu comme dans le jeu « cailloux, feuille, ciseaux ».

1Des points positifs ou négatifs étaient attribués à chaque équipe en fonction de la combinaison obtenue : bleu-bleu, rouge-rouge, ou un mixe bleu-rouge. Le but du jeu était défini comme suit :

  1. Votre but principal est de finir avec des points positifs
  2. Votre but secondaire est d’obtenir plus de points que l’autre équipe.

coucouToutes les négociations, dialogues… étaient autorisés. La règle du jeu ne stipulait rien d’autre que le fait de choisir une couleur et de l’énoncer ensemble un certain nombre de fois, après quoi la partie s’achevait et on comptait les points.

La combinaison « rouge-rouge » rapportait aux deux équipes +3 points. Les autres combinaisons distribuaient des points négatifs à une équipe ou aux deux équipes. Si les deux équipes s’entendaient, elle pouvait garantir à coup sûr l’atteinte du but principal pour les deux équipes et se battre pour atteinte du but secondaire sans menacer pour l’une et l’autre l’atteinte du but principal.

facheQue croyez-vous qu’il advint ? Et bien les deux équipes ont fini à –18 point ! Peur, paranoïa, trahison, courte vue, tout y est passé et nous avons tous atteint un résultat déplorable, et à égalité en plus !

A la fin du jeu, j’avais honte et je rigolais en même temps du ridicule de la situation. Je ne crois pas que l’on se comporte fondamentalement différemment dans un jeu ou dans la « vraie » vie. J’ai été stupéfait de constater à quel point nos esprits sont formatés pour la compétition sauvage.

demonOn préfère s’envoyer collectivement aux abîmes plutôt que de risquer l’entente. Je n’étais pas vraiment fier de moi. J’avais suggéré à mon équipe de respecter ses engagements pour établir un climat de confiance (jouer telle combinaison), je ne l’avais fait ni de manière assez convaincue, ni assez convaincante pour infléchir le sens du jeu.

 

Je me suis sentis assez bizarre à la fin, j’ai mesuré tout le chemin qu’il reste à parcourir pour devenir un véritable promoteur de paix et d’harmonie dans ce monde. S’il est sage de se rendre compte que nous sommes encore orientés collectivement vers des buts individuels grégaires, il n’en demeure pas moins que nous progressons de jour en jour. Gardons la foi et l’espérance en la capacité de l’homme à s’entendre pour écrire un avenir meilleur. Nous y parvenons un peu mieux chaque jour.

soleil