En écoutant une vidéo de Eckart Tolle j’ai noté une citation de Jiddu Krishnamurti. Ce dernier d’après avait dit lors d’une conférences vers la fin de sa vie : « Je vais vous révéler mon secret« . Il faut prendre la mesure de cette petite annonce. Cet homme était un sage d’une grande profondeur que des centaines de milliers de gens suivaient à travers le monde. Il donnait des conférences depuis 40 ans et avait écrit de nombreux ouvrages. Pour son auditoire c’est un peu comme si Jésus leur avait dit de son vivant « Je vais vous révéler mon secret ».
Il devait y avoir un grand silence dans la salle.
Puis il révéla son secret et dit :

« Je ne me préoccupe pas de ce qui arrive »

Il ne commenta pas sa phrase.

On me dit souvent que ma voix est apaisante, que je suis une personne calme, posée. Je pense que c’est essentiellement lié au fait que à ma mesure, je ne me préoccupe pas de ce qui arrive. Certainement pas au point où Krishnamurti l’exprimait, mais à ma mesure, cette phrase me correspond. Plus j’avance dans la vie, moins je me préoccupe de ce qui arrive. Quand je suis dans cet état qui est mon état naturel je suis calme et rien ne me perturbe. Je ne me préoccupe pas de ce qui arrive.

Comment être calme ? Comment ne pas se préoccuper de ce qui arrive ? Comment ne pas s’inquiéter de l’avenir? De son travail ? De l’avenir de sa vie affective? De celui de ses enfants ?Comment ne pas se préoccuper de ce qui arrive?

Nous n’avons qu’un pouvoir très limité de contrôle sur ce qui nous arrive. Et encore plus limité concernant nos proches. Nous croyons avoir le pouvoir de contrôler ce qui nous arrive mais c’est illusoire. Complètement illusoire. Nous pouvons planifier quelques trucs comme le jours des courses et le repas du soir, les vacances, un dîner entre amis, un temps pour travailler sur projet que l’on aimerait concrétiser…

Mais nous n’avons pas de réel contrôle sur ce qui nous arrive. On projette que son enfant sera avocat, il veut être peintre, on projette de faire carrière dans une entreprise, on en est remercié, on projette de faire sa vie avec quelqu’un et il ou elle va la faire ailleurs… Notre contrôle sur le mouvement de l’existence est  faible. Nous ne réalisons pas à quel point nous sommes impuissants devant la force de la nature, le mouvement de la vie et des cycles naturels. Et pourtant nous essayons tout le temps de contrôler le flux de notre existence.

Notre pouvoir ne se trouve pas dans les préoccupations de ce qui arrive, mais dans l’instant présent. Nous pouvons créer un avenir différent en étant présent. C’est paradoxal, mais c’est comme cela que cela marche.

Comment être calme quand on essaye de contrôler ce qui ne peut pas l’être? C’est impossible, on est forcément inquiet quand on se préoccupe de ce qui arrive. On vit une inquiétude permanente que les choses nous échappent et cela devient notre sentiment dominant.

Si les oiseaux du printemps à l’automne se préoccupaient de l’hiver froid qui arrive, je crois que nous ne les entendrions jamais chanter dans le ciel.

C’est ce que nous, nous faisons en permanence. Nous nous préoccupons de ce qui arrive, de savoir comment sera notre retraite, quand cette grève va finir, que faire à Noël, comment assurer notre situation professionnelle, comment changer notre vie affective, quand les conflits finiront-ils, quand seront nous en paix, comment être heureux… Nous nous préoccupons tout le temps de ce qui arrive. Et nous sommes en permanence inquiet, angoissé, stressé, préoccupé. Cela coupe notre joie de vivre.

Préoccupé. Le mot est parfait. Occupé avant même que cela n’arrive. Voilà ce qu’est le fait d’être pré-occupé. Pré-occupé veut dire indisponible à ce qui se présente.

Nos situations de vie changent tout le temps, une fois ce sont nos enfants qui nous donnent du fil à retordre, une autre c’est le travail que l’on perd, une autre c’est notre conjoint. Nos situations de vie ne sont pas stables. Si nous nous préoccupons sans cesse du lendemain, nous naviguons les yeux bandés vers un avenir incertain. La seule façon de maîtriser sa vie est de la vivre instants après instants.

Un proverbe dit « Si un problème a une solution, il ne sert à rien de s’inquiéter, si un problème n’a pas de solution, s’inquiéter ne sert à rien. »

Je pense qu’une bonne manière de vivre ce proverbe ou de se l’appliquer au quotidien est de ne plus se préoccuper de ce qui arrive. Si un problème sans solution arrive, par exemple, si nous devons perdre une personne, une situation et que cela n’est pas modifiable parce que ce n’est pas notre volonté qui est en jeu, mais le cycle de la vie qui fait son oeuvre, ou la volonté d’un autre qui s’impose à nous, alors se préoccuper de ce qui arrive n’a pas d’intérêt, cela ne changera rien. Si un problème arrive avec sa solution, à quoi sert de s’en préoccuper à l’avance?

Ainsi l’on peut préserver le calme en nous toute circonstance. Etre calme n’est pas être apathique ou inerte. C’est est présent à ce que l’on vi sans se préoccuper de ce qui arrive.