Centrage physique

Dans la pratique physique ou énergétique, le centrage est un mouvement où les bras montent et descendent le long du tronc dans un rythme qui suit la respiration. Il en existe différentes formes dans les disciplines telles que le reiki, le chi qong, le taïchi, l’aikido, qui développent la conscience de l’énergie du corps. La pratique de ces exercices aide à se sentir mieux au bout de quelques minutes, plus centré. L’exercice procure une sensation de bien-être. On se sent plus aligné dans notre verticalité et dans notre latéralité. C’est physiquement perceptible. Notre énergie est apaisée. C’est une pratique très bonne pour entretenir un état bien centré sur soi.

Perturbations émotionnelles

Lorsque des événements déstabilisent notre vie, on se retrouve vite décentré, à l’ouest, en prise avec des états émotionnels incontrôlables, incapable de gérer correctement une situation de vie. On peut s’isoler un peu pour refaire des exercices de centrage. Cela aide à reprendre ses esprits assez vite. On peut aussi aller voir des médecins ou thérapeutes énergéticiens pour nous remettre la machine en place. Quand on vit de fortes perturbations émotionnelles, on se rend compte que sans une pratique énergétique intense on se décentre sans cesse.

Alors on ne sait plus quoi faire, on ne voit pas quoi faire de plus pour rester centré, à part se promener dans la rue et au bureau en faisant de grands mouvements de brasse dans l’air, ce qui nous ferait enfermer rapidement. 🙂

Centrage et relation

Tout est relation dans l’expérience de l’être humain. Nous ne sommes rien sans les autres. Etre décentré seul ne veut rien dire. On ne peut pas être décentré si on est seul, puisque seul, on est le centre de tout. Etre décentré ou centré n’existe que si une relation avec un autre existe.

Dès que nous sommes en relation avec quelqu’un, et quelque soit la relation, une relation familiale, de couple, amicale, professionnelle… nous transférons à l’autre le pouvoir de réaliser ce que nous désirons vivre.

Dans les relations très anciennes nous avons rarement conscience de ce que nous désirons. Au début d’une relation consciente, l’histoire correspond à ce que nous désirons parce que nous avons exprimé ce que nous voulons dans l’absence de relation, sans avoir transféré à quiconque le pouvoir de réaliser nos désirs particuliers. Par exemple, on veut un nouveau travail et on formule nos désirs d’avoir un emploi plus intéressant, mieux payé, plus convivial, plus près de chez soi… Les choses bien formulées se créent. On obtient un nouveau job avec un nouvel employeur qui satisfait nos désirs. Tout se passe bien au début de la relation.

Puis on relâche notre focalisation sur nos désirs. Si vous y prêtez attention en observant une nouvelle relation, quelle qu’elle soit, vous vous en rendrez compte très vite. Dès que nous sommes satisfaits, nous relâchons notre focalisation sur nos désirs, on se sent bien avec cet autre qui satisfait nos désirs et on oublie jusqu’à la raison qui nous a mené à ce endroit de notre histoire.

Au lieu de rester centré sur nos vœux, on commence à se centrer sur l’autre, l’employeur, l’ami, l’amant, le prestataire… On l’observe, on spécule sur ses faits et gestes. On s’inquiète un jour de son absence, de sa présence, de son retard, de ne pas avoir de nouvelles, d’en avoir trop, on est choqué d’un ton de phrase, on se demande s’il est fiable, s’il nous considère vraiment comme on le croyait, s’il est vraiment sérieux… La dysharmonie s’installe, on est décentré.

Pourquoi ? Que se passe-t-il réellement?

Pourquoi on se décentre

On se décentre parce qu’on fusionne avec l’autre. On commence à ne plus être centré sur nos désirs mais à les identifier à l’autre. Puisque c’est lui le professionnel qui sait réaliser mes envies de nouvelle cuisine, puisque c’est lui  l’ami qui sait me faire rire et m’entraîner dans des fêtes géantes, puisque c’est lui l’amant qui me donne tant de réconfort et de plaisir, puisque c’est lui l’employeur qui me donne un bon job, puisque que c’est lui qui sait réaliser mes désirs… on oublie que c’est nous qui avions formulé, bien avant que « superman » ou « wonderwoman » n’apparaisse dans notre vie, nos désirs de refaire la cuisine, de rire plus dans la vie, de faire la fête, d’avoir plus de réconfort et d’amour et d’avoir un job épanouissant. On oublie qu’un jour nous n’avions rien de tout cela et que nous l’avons eu parce que nous l’avons désiré, formulé, que nous y avons aspiré de tout notre cœur et que cela est devenu notre réalité. La réalisation consciente de ce que nous voulons vivre et exprimer dans la vie ne dépend jamais d’un autre mais seulement de nous-mêmes.

Le transfert du pouvoir

Dès lors que l’on transfert la responsabilité de la réalisation de nos désirs à d’autres que nous-mêmes, on oublie progressivement que nous avons le pouvoir de réaliser nos désirs. On devient le jouet de l’autre. Il peut faire ce qu’il veut de nous, on est totalement décentré. Or nous faisons cela tout le temps dès qu’une relation s’installe et qu’on s’y sent bien. On ne se dit pas « j’ai bien exprimé mes désirs et la vie est merveilleuse d’y répondre aussi bien en m’envoyant la personne qui correspond à ce que j’ai exprimé ». On se dit « J’ai enfin trouvé la bonne personne, il ne faut pas la perde ». Et là on commence à se décentrer. On commence à être centré sur l’autre au lieu d’être centré sur soi-même.

Il très difficile de voir et comprendre ce transfert de notre pouvoir personnel avec des relations que nous avons depuis très longtemps. Plus la relation est longue, plus notre désir est inconscient. La structure des cercles d’intimité relationnelle exprime cela. Plus on est proche du centre moins on n’y voit clair dans nos relations. Il est beaucoup plus facile d’observer le transfert de notre pouvoir personnel dans une relation récente que dans une relation de longue date. C’est une des raisons pour lesquelles l’éloignement est tellement important pour grandir et se connaître. Les relations récentes permettent de s’observer dans nos dérapages et de voir comment nous nous éloignons de nos désirs jusqu’au point où nous transférons à une autre personne le pouvoir de réaliser ces désirs.

Le transfert de pouvoir nous fait croire que nous sommes impuissants à réaliser nos désirs. Si on revenait à la source de toutes nos réalisations et relations, on se rendrait compte que nous avons formulé nos désirs avant qu’ils ne prennent forme en la personne de untel ou untel. On se rendrait compte qu’on attribue à tort aux autres le pouvoir de nous réaliser.

La croyance qu’une personne peut être plus apte que nous-mêmes à combler nos désirs est un fantasme qui remonte à notre toute petite enfance quand nous avions identifié nos proches, nos parents, comme étant les seules personnes aptes à pouvoir nous combler.

Le décentrage

La croyance que l’autre a le pouvoir de réaliser nos désirs nous fait craindre de perdre la relation. Alors on va développer des stratagèmes pour contrôler la situation et la faire perdurer coûte que coûte. On va faire le café de son boss, rire à ces blagues stupides, accepter des tâches ingrates, faire des heures indues… Le dérapage, lent ou rapide, nous décentre un peu plus. On essaie alors d’agir sur l’autre au lieu de rester centré sur nos désirs. Nous ne sommes plus focalisés sur nos désirs originels, mais sur l’idée qu’une personne ou une situation bien identifiée doit les réaliser pour nous, et nous faisons tout notre possible pour contrôler cela. Dépendance, possessivité, intimidation, soumission, servilité, oubli de de soi ou tyrannie, chacun selon son tempérament usera de stratégies différentes pour obtenir ce qu’il désire de l’autre.

La frustration et la souffrance s’installent à la place de la plénitude de vivre l’expérience désirée. Quelque fois le conflit s’installe. C’est cela être décentré, avoir abandonné son centrage sur soi et se sentir mal de ce fait, c’est être pris par notre croyance que le bonheur dépend de l’autre. Quand on ne peut obtenir ce que l’on désire de l’autre, on est émotionnellement perturbé, on peut passer par tous les états de stress, tristesse, colère, dépression… Se recentrer est vital.

Se recentrer sur soi

La seule manière de sortir des états de stress, tristesse, colère, dépression sans s’anesthésier chimiquement (antidépresseur, anxiolytique, nourriture malsaine…) avec les conséquences néfastes que l’on connait est de se recentrer en profondeur sur nos désirs. Chacun vivra ce recentrage à sa façon. Voici les étapes que j’ai identifiées.

  1. Le premier point est de gérer le corps. Quand on est émotionnellement perturbé, réfléchir posément et calmement est quasiment impossible. On a le discernement d’une mouche. Si on pratique un sport, il est bon de ne pas le lâcher et de le pratiquer 2 à 3 fois par semaine si possible. Ensuite, les exercices physique de centrage, de respiration, de relaxation, de détente sont de très bon outils pour recentrer son énergie dans son corps. On peut aussi faire circuler et libérer des blocages det des tensions avec des techniques de type l’acupuncture, massages ou toute activité corporelle pour se retrouver physiquement dans un état détendu avec son corps. C’est indispensable. Si on ne veut pas passer par là, le plan B sera un craquage physique, maladie, chute, accident ou dépression profonde devant être traité chimiquement.
  2. Le deuxième point est de refaire la liste de ce que nous voulons vivre, faire le bilan de là où on en est et formuler à nouveau ce que l’on veut exprimer dans notre vie. Les périodes de notre vie où on s’est décentré sont des périodes où l’on a oublié qui on était et ce que l’on voulait. Il est important quand on veut sortir de cela de refaire la liste de nos désirs profonds et de faire cette liste indépendamment de quiconque. Une fois ne suffit pas. Cette liste doit vivre en soi, il est bon de la lire deux fois par jour (le matin et le soir par exemple) pour s’en imprégner consciemment. On a oublié nos désirs, se les rappeler est important. On peut corriger cette liste à chaque fois que quelque chose ne nous semble plus d’actualité. Il ne s’agit pas de se figer sur une idée ou un désir, mais de les faie vivre en nous quotidiennement.
  3. Une fois notre liste faite, vient l’identification dans notre vie de ce qui correspond ou ne correspond pas à nos désirs. Il n’est pas facile de faire cela de manière simple et détaché. Il ne s’agit de râler ou de critiquer tout ce qui ne nous correspond pas. Râler et critiquer c’est entretenir la frustration et le conflit. Il s’agit de faire un constat simple et sans jugement de ce qui ne correspond plus à nos désirs, soit parce que nos désirs ont changé, soit parce que notre environnement a changé.
  4. Une fois l’identification faite, on se coupe de l’attente d’être satisfait par d’autres. Il ne s’agit pas de chercher à se couper des gens mais bien de l’attente d’être satisfait par eux. Essayer de se couper de l’autre ne fait que renforcer le lien. Ce qui fonctionne, c’est de se couper de l’attente d’être comblé par une personne en particulier, par une personne identifiée. C’est arrêter de projeter sur une personne notre bonheur, nos désirs, notre satisfaction. On ne se coupe pas des autres, on se retrouve soi-même. On se recentre sur nos désirs en se coupant de la croyance que nous avons besoin d’une personne bien identifiée pour les réaliser.
  5. Ensuite il faut rester confiant, laisser faire et écouter les opportunités. Plus profond nous seront enracinés en nous-mêmes dans la conviction que nous avons le pouvoir de créer ce que nous désirons, plus vite nous le vivront. Alors tout peut arriver. Quelque fois le résultat sera une nouvelle relation, quelque fois, il sera la mise en lumière de la nature fausse de nos propres interprétations et projections dans nos relations et on poursuivra la relation en ayant écarté un nuage dans nos affects, dans notre communication. Quelque soit ce qui se passe, nous avancerons vers la satisfaction des désirs que nous avons exprimés. Et nous nous sentirons bien à nouveau. Cela peut prendre des mois, ou quelques minutes seulement.

L’être humain est créateur de sa vie. Ce n’est pas une croyance d’illuminé, c’est son fonctionnement, sa nature, son essence. Etre centré, c’est ne jamais l’oublier et revenir sans cesse à ce que nous voulons créer pour nous-mêmes.