Une des raisons principales d’un échec dans la vie, c’est la mauvaise compréhension du facteur temps. Le temps qu’on ne se donne pas pour faire les choses, la pression que l’on se met pour arriver trop vite à nos buts nous fait échouer, non parce que ne nous sommes capables ni fait pour réussir, mais parce que nous voulons arriver trop vite.

Beaucoup de gens ont tout en main pour réussir ce qu’ils veulent réussir. Mais ils veulent atteindre leur but trop tôt et ne se donnent pas assez de temps. Alors ils se mettent en situation d’échec avant même d’avoir essayé. « Je voudrais changer de métier. Mais c’est trop long et si dans deux ans je n’ai pas réussi, ça ne vaut pas la peine d’essayer. » suivi de « Mais de toute façon en deux ans je ne vois pas comment y arriver. » suivi de « Je ne sais plus quoi faire… »

Quand on ne se donne pas le temps, c’est que l’on n’aime pas complètement sa vie. On n’aime pas la vie que l’on a. On la voudrait autrement, tout de suite. On est insatisfait de ce que l’on a et on se met en quête de changer notre situation pour se sentir mieux tout de suite. Mais cela ne marche pas comme cela.

Quand nous avons à faire quelque chose qui est juste pour nous et notre évolution, nous devons passer par là pour être heureux et s’épanouir. Notre impatience et notre insatisfaction peuvent nous faire diverger quelques temps, quelques années, mais ce n’est que partie remise… à plus tard.

Nous le sentons, nous avons l’intuition que nous devons tendre vers cette voie. Cela peut être un changement de travail, une réalisation créative, un voyage, ou je ne sais quoi. On a l’intuition que c’est juste et important. Alors on pense que puisque cela doit se faire, puis que c’est juste et important, tout devrait être facile et rapide à faire. 

On se end compte que sur notre chemin, aussi juste et evident soit il, il y a des epreuves, des renoncements à faire, des efforts à fournir, que le but ne sera pas atteint tout de suite, que la route est encore longue. Et on se décourage parce qu’on ne comprend pas pourquoi ce qui est juste pour nous, nous demande tant d’effort.

La belle affaire… Comment quelque chose de juste pourrait-il nous mettre à l’épreuve? Nous demander des efforts?Comment donc ? Aurait-on donc besoin de passer par quelques épreuves? Nous qui sommes déjà si parfaits !

Nous croyons que ce qui est juste ne devrait pas nous demander d’effort parce que nous ne voyons pas l’intérêt d’apprendre « encore » des leçons de la vie. Ben oui, on connait tout sur tout, on a tout compris de notre histoire, on a tout compris de notre vie et de celle des autres, alors on n’a plus besoin d’apprendre. Pour quoi faire? On est sur Terre en touriste, en vacances prolongées… Alors vite, la grande TV, la plage, les cocotiers toute l’année, les excès de cocktails et les vahinés bronzées.

En fait, quand on a l’intuition de devoir accomplir quelque chose, c’est toujours pour en apprendre quelque chose. On a compris que l’on avait une chose à accomplir. On s’y jette avec enthousiasme parce qu’on est portée par un élan naturelle, par un appel. C’est le bon moment, on le sait. C’est la bonne chose à faire. 
Mais voilà à la première embuche, on s’écroule, on s’effondre, on n’y croit plus. On voulait le résultat tout de suite et cela ne marche pas. On se dit que ce n’était pas le vrai truc à faire. Et pourtant si, c’était le vrai truc. Alors on déprime parce qu’on vient d’éliminer de sa vie l’espoir de vivre le vrai truc à faire. Par manque de foi, par orgueil, par manque d’humilité, on se retrouve sans plus rien à faire qui nous porte vraiment. C’est déprimant. Tout ça parce qu’on ne veut pas prendre en considération le temps nécessaire à faire les choses. 

Le temps est important. 
Le temps où l’on bâtit son histoire, toutes les erreurs que l’on commet, tous les barrages que l’on rencontre et que l’on contournent bravement, tous les obstacles que l’on surmonte, toutes les acceptations, transformations et renoncements que l’on fait, en fait c’est cela le vrai but. 
Etre installé dans la victoire ne se savoure que quelques instants, alors que de vivre sa victoire finale à chaque étape que l’on traverse nous fait vibrer pendant des semaines, des mois, des années au son de notre quête. On finit par se sentir bien de chaque instant qui nous rapproche du but. 

Les épreuves ne sont plus des peines qu’on nous infligent, mais des occasions d’apprendre une nouvelle chose sur soi, sur la vie. Avec plaisir. Quand on prend le temps, une épreuve est beaucoup moins pénible. Grimper un sommet en une semaine ou en trois mois, ce n’est pas pareil. Dans le premier cas, on stresse à chaque pas parce qu’on est fatigué, mal préparé, dans l’urgence, on a mal partout, on veut en finir vite… Dans le deuxième, on se prépare lentement et on prend plaisir à voir son corps se raffermir, les efforts devenir moins violent, et notre but est aussi bien l’ascension que le sommet.

Voir aussi B comme Bonheur