Les marocains ont l’habitude de ponctuer chacun de leurs engagements par cette petite phrase « Inch’Allah », qui veut dire, «Si Dieu le veux ». Ce qu’il faut comprendre de cette petite phrase, c’est que pour un marocain, rien n’est jamais acquis. Même pas le fait de se réveiller le lendemain. Un « Bonne soirée », « Bonne nuit » ou « A demain » se conclue forcément par « Inch Allah ! ». C’est vrai, il peut se passer n’importe quoi dans la nuit. Un tremblement de terre, une subite envie de partir à 600 kilomètres de là, mieux vaut être prudent et en rester là avec un bon « Inch’Allah », qui désengage instantanément de toute forme d’obligation. 
« Je reviendrais demain chercher les babouches, c’est promis » dit le bon touriste qui veut s’échapper avec un petit mensonge. « A demain Inch’Allah ! » répond le marchand qui ne se fait aucune illusion et préfère ne pas ignorer les milles et une potentialité que son acheteur ne revienne jamais. Et Allah a bien souvent raison !
« Inch’Allah », c’est pratique dans un sens. Mais quand vous voulez conclure un accord avec un marocain, même minime du genre « demain on va prendre un café ensemble », « Inch’Allah » c’est la phrase qui tue, ça agace prodigieusement notre côté occidental trop habitué à vivre d’engagements, de devoirs et d’obéissances.

Les marocains sont globalement plus détendus que nous parce qu’ils ne sentent pas obligés de tous les côtés et font les choses quand le moment est bon pour eux « Inch’Allah ». Ils ont d’autres conditionnements qui sont difficiles à vivre pour eux, comme le poids de la coutume et un système social encore très cloisonné, mais au quotidien, c’est sans conteste, ils sont plus détendus que nous.