En fevrier de cette année un quotidien britannique a publié un article sur le livre d’une infirmière australienne qui raconte les 5 plus grands regrets des personnes mourantes. L’infirmière, Bronnie Ware, a passé plusieurs années à accompagner les mourants. L’article expose, avec des commentaires du journaliste, une explication de ces 5 plus grands regrets des mourants.

Lorsque je les ai lu la première fois. J’ai été saisi par un sentiment de justesse très fort. Il y a dans ces propos quelque chose de profondément sensé, indeniablement vrai et d’une grande clairvoyance, comme si ces instants qui précédent la mort donnaient une lucidité et une objectivité bien plus grande que la plupart de nos autres moments de vie. J’ai envie de vous les faire partager car ils représentent pour moi, 5 merveilleuses proposition de vie pour être heureux.

Voici, ces 5 regrets. J’ai traduit le texte original pour le proposer ici en version française (si vous avez des corrections à faire sur ma traduction, n’hésitez pas à me le signaler).

1- J’aurais aimé avoir le courage de vivre ma vie par moi-même, pas la vie que les autres voulaient que je vive.

« C’est le regret le plus commun à tous. Quand les gens réalisent que leur vie est derrière eux et qu’ils regardent avec clarté leur passé, ils voient avec évidence qu’ils n’ont pas rempli leurs rêves. La plupart des gens n’ont pas honoré la moitié de leurs rêves et doivent mourir en sachant que c’est en raison des choix qu’ils ont faits. Très peu se rendent compte, avant qu’ils me l’ait plus, de la liberté qu’apporte la santé. »

2 – J’aurais aimé ne pas travailler si dur.

« Ce regret a était émis par tous les hommes dont je me suis occupé. Ils ont manqué la jeunesse de leurs enfants et la compagnie de leur partenaire. Les femmes aussi expriment ce regret, mais la plupart étaient d’une ancienne génération, beaucoup d’entre elles n’avaient pas la charge financière du foyer. Tous les hommes dont je me suis occupés regrettaient profondément d’avoir passé tant de temps de leur vie à une existence consacrée au travail.

3 – J’aurais aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments.

« Beaucoup de gens répriment leurs sentiments pour préserver la paix avec les autres. Ils s’installent dans une existence médiocre et ne deviennent jamais ce qu’ils sont réellement capable de devenir. Beaucoup finissent par développer des maladies relatives à leur amertume et au ressentiment qu’ils portent. »

4- J’aurais aimé rester en contact avec mes amis.

« Jusqu’aux dernieres semaines avant leur mort, ils ne voulaient souvent pas réellement réaliser tout le bienfait d’avoir des vieux amis. Il n’était plus possible de retrouver la trace de ses vieux amis. Beaucoup des mourants avaient été si pris dans leur vie qu’ils avaient laissé des amitiés en or se dissoudre dans les années. Il y avait beaucoup de profonds regrets de ne pas avoir consacré aux relations amicales le temps et les efforts qu’elles méritaient. Les amis manquent à tout ceux qui meurent. »

5- J’aurais aimé m’autoriser d’être plus heureux.

« C’est une supprise commune. Beaucoup n’avait pas realisé avant la mort que le bonheur est un choix. Ils sont restés figés dans des vieux schémas et habitudes. Le soi disant « confort » conventionnel avait recouvert leurs émotions aussi bien que leur vie physique. La peur du changement les avaient persuadé auprès des autres, autant que d’eux memes, qu’ils étaient satisfaits, quand, profondément au fond d’eux-mêmes ils désiraient en fait rire à fond et faire encore des bêtises dans leur vie. »

La lucide vision des regrets des mourants est rapportée avec une approche douce et bienveillante qui dédramatise la vie. Ces 5 petits regrets des mourants sont un vrai manifeste de vie. Je les trouve vivifiants.

On aurait pu imaginer des regrets plus larmoyants, moins accessibles, plus durs à réaliser, plus peinants, plus amères, qui auraient laissé, à les ecouter, le sentiment que la vie est une chose bien pénible à traverser.

En fait, ce qui caracterise ces 5 regrets c’est leur profonde douceur, leur abscence de dureté alors qu’il s’agit de constat sans rémission.

Pourquoi cette étrange singularité? Parce que, tels que cela est rapporté, les mourants ne se plaignent pas. Ils sont dans un constat lucide que ce qu’ils n’ont pas eu, pas realisé est leur entière responsabilité et ils ne blâment personnes de ne pas leur avoir donné leur du. C’est ce qui les distingues de nous qui passons beaucoup de temps à justifier notre inaction. Ils constatent (ou l’infirmière) avec honnêteté et simplicité ce qu’ils n’ont pas fait et il n’y a personnes à accuser de quoique ce soit, pas même eux-mêmes. Ils ne se jugent même pas. Ils constatent que le résultat de leurs actions n’a pas été à la hauteur de leurs ultimes désirs qui apparaissent enfin clairement à la veille de la mort.
Ce qui est vivifiant, c’est de se rendre compte en les lisant, qu’une vie accomplie, une vie de bonheur sans regret est à la portée de nos mains, tous les jours.

Mais nous n’y croyons pas. Nous pensons que nous devons accomplir de grandes choses. Nous croyons que si nous n’avons pas tout ce que nous désirons, quelqu’un est fautif quelque part. On vit dans un tel besoin de reconnaissance, de manque d’amour, de culpabilité, que l’on imagine que l’on doit accomplir des choses extraordinaires avant de s’autoriser le droit au bonheur, on croit que quelqu’un doit nous sauver, alors qu’en fait, la vie ne demande qu’à nous rendre heureux. Ce sont nos choix qui nous éloignent de ce bonheur. Pas la vie telle qu’elle est. Cette vérité transpire du rapport de cette infirmière.

J’ai été heureux de constater en lisant qu’une partie de ses regrets ne me concernent plus, parce que à 45 ans j’ai tourné la page de quelques peurs et manques de foi qui anesthésiaient mon plaisir de vivre. Je n’ai plus peur de dire ce que je ressens, j’ai choisi d’être heureux et j’ai décidé de vivre ma vie par moi-même. Il me reste (enfin je pense) à être constant dans cette voie, à arrêter de trop travailler et à apprendre à donner plus de moi-même dans mes relations amicales. Je n’ai pas encore trouvé l’alchimie de ces deux points là. Ils sont comme un petit challenge au bonheur avant que mes derniers jours ne viennent.

J’ai bien envie de mourir sans regrets. Et vous ?