Mon premier job m’a profondément ennuyé. Au bout d’un an de carrière professionnelle je choisissais de me réorienter pour devenir concepteur rédacteur en agence de communication où j’ai commencé à concevoir que le travail pouvait être un plaisir.

Je suis remercié rapidement. Le licenciement est brutal. Je reviens de congés début août et j’apprends que je dois partir. Mon premier enfant est sur le point de naître. La perte de ce travail est douloureuse. J’apprends que le travail n’est pas une affaire d’affectif.

Je me remets vite et me lance un défi : faire de la communication électronique avec le multimédia naissant en 1992. Je me forme pendant un an à l’informatique pour plonger dans le monde de la communication électronique dans ses premières heures. Je rentre en stage dans une petite société d’informatique où je développe l’activité multimédia en structurant cette nouvelle activité. Je m’associe dans la création d’une entreprise. Après quelques succès commerciaux, je quitte l’entreprise en désaccord avec mes associés qui voulaient vivre sur leurs fonds propres sans faire entrer d’investisseurs dans le capital. Ils coulent quelques mois plus tard à court d’argent. J’apprends de cette histoire que je suis assez visionnaire dans le business et que mon instinct est bon.

Je postule pour un job dans une société  d’informatique en 1994. J’envoie un seul et unique CV qui est finalement retenu. J’apprends de cette expérience que si on sait ce que l’on veut faire, l’atteinte du but est rapide.

Je structure et développe l’activité de conception multimédia et Internet dans cette société pendant plus de 14 ans. D’un service support je crée une unité de production de conseil à valeur ajoutée appréciée des clients. Je développe une spécialisation dans l’étude et l’analyse des institutions, le positionnement des valeurs institutionnelles à l’occasion de la refonte de nombreux sites Internet.  Je conçois et gère des projets importants et suis souvent au contact d’instance de la nation de haut niveau (refonte des sites du Conseil d’Etat, de l’ENA, du Ministère des Finances, du Ministère de la Justice, du grand Ministère de l’écologie de Borloo…). Je me rends compte que la communication sert souvent comme prétexte à l’accompagnement au changement, alors qu’elle ne devrait être que l’outil du changement.

Ma position de manager m’amène à souvent recruter seul. Je fonde les bases de mes collaborations sur un contrat moral basé sur l’analyse des besoins réciproques et non sur les fantasmes d’un contrat de travail éternel. J’embauche en sachant qu’untel partira, qu’untel évoluera. Je m’intéresse à l’humain et à son projet de vie au lieu de rechercher fidélité et allégeance. Je prends plaisir à voir partir mes collègues quand le temps est venu pour eux de développer un autre projet. J’apprends que l’on peut faire de très bonnes collaborations de courte durée et que le fantasme du CDI n’est pas la clé du bonheur dans les relations de travail. J’apprends que ma pratique est rare et que le monde du travail est souvent lâche.

Un changement de direction et de management bouscule tout. Je quitte le monde de l’entreprise en 2009 pour démarrer une vie en tant qu’indépendant. Mes valeurs sont devenues plus importantes que la peur de manquer.