Quand ma fille était plus jeune elle était dans une école qui organisait de nombreuses réunions de parents d’élèves. Les réunions se passaient dans la classe et le professeur qui accueillait les parents organisait la classe en disposant les chaises en cercle pour les parents. Le cercle pouvait, d’une réunion à l’autre, être plus ou moins grand et comporter plus ou moins de places disponibles pour un nombre de parents identique. Je remarquais que le nombre de parents qui venaient correspondait toujours assez bien aux places disponibles, qu’il y en ait peu ou beaucoup. Cette curiosité m’avait étonné, comme si l’envie d’accueillir un groupe d’une certaine taille influait au final sur le nombre de personnes qui se présenteraient.

Il y a quelques années je partais en vacances avec ma famille. Nous n’avions pas trouvé à qui confier nos poissons rouge, alors on décida de les mettre dans la baignoire remplie à ras bord avec de la nourriture en quantité pour le temps de notre absence. Les poissons était passés, d’un coup, d’un modeste aquarium à un espace qui a dû leur sembler quelque chose comme un immense lac. A notre retour, après trois semaines, on se précipitait pour voir s’ils avaient bien survécu à notre absence. Ils avaient plus que survécus, ils étaient en pleine forme et avaient doublé de volume ! En fait, ces animaux, je l’appris plus tard, grossissent en fonction de la taille de l’environnement qui les accueille!

La semaine dernière, je me disais qu’il serait temps que j’ai quelques rendez-vous prochainement. Je commençais ma semaine, lundi matin, par prendre mon agenda et décider quand je souhaitais avoir ces rendez vous. Tels jours, non, tels jours, oui. Puis je réservais ces 1/2 journées et ces journées sur mon agenda pour mes rendez-vous en marquant clairement « rendez-vous » de manière à ce que je ne puisse les remplir d’une autre obligation inopportune. Le lendemain soir j’avais reçu « miraculeusement » assez de demande de rendez-vous pour combler tous les espaces que j’avais réservés ! Il ne fallut pas plus de 24h pour que ce qui n’était qu’une envie perdu dans un coin de ma tête devienne une réalité concrète.

Pourquoi est-ce que je raconte ces trois histoires ? Parce qu’elles illustrent toutes les trois le même principe de vie, la même loi fondamentale de l’existence qui veut que « la nature a horreur du vide ». On évoque cette phrase pour moquer les gens qui blinde leur espace comme un œuf, mais cette petite phrase contient une sagesse bien plus profonde.

On vit souvent dans la frustration de ne pas obtenir ce que l’on désire
sans nous rendre compte que la raison pour laquelle nous n’obtenons pas ce que nous voulons n’est pas lié à un manque comme on le croit ou l’imagine, mais a un trop plein ! Si nous n’obtenons pas ce que nous désirons, c’est parce que nous ne faisons pas la place à nos désirs d’exister. Nous les exprimons alors comme des revendications avec une multitude d’arrières pensées toutes révélatrices du manque d’espace réel que nous accordons à nos désirs « je peux toujours essayer », «  qui ne tente rien n’a rien », « j’ai peu de chance d’y arriver mais j’essaye quand même », « de toute façon, ce n’est pas pour moi »… On obtient alors le résultat de nos pensées.

Lorsque l’espace est libéré la nature le comble instantanément. Les poissons qui font partie de la nature suivent cette logique jusqu’à transformer eux-mêmes leur propre corps avec une vitesse impressionnante. Ce n’est pas un excès de nourriture qui les a fait grossir, mais bien l’espace dont ils ont disposé et qu’ils se sont empressés d’occuper. Ce n’est pas parce que les professeurs de l’école de ma fille avait un don de voyance qu’ils savaient de combien de chaises ils auraient besoin, c’est parce qu’ils décidaent de l’ampleur de la réunion que cette dernière se remplissait en conséquence. Ce n’est pas parce que je suis allé à la pêche au rendez-vous qu’ils sont arrivés, c’est parce que j’ai fait l’espace de les accueillir dans mon organisation.

Si les choses que nous attendons n’arrivent pas, ne nous demandons pas ce que nous devrions faire pour qu’elles arrivent, comme si la vie dysfonctionnait et qu’il fallait faire quelque chose pour la corriger,  comme s’il fallait pousser la nature pour qu’il se passe quelque chose.
Il se passe toujours quelque chose. Jamais le mouvement de la vie ne s’arrête. Ce n’est pas à nous de l’engendrer. Le mouvement de la vie est continu et perpétuel. Il comble tout les espaces. La nature a horreur du vide.

Au lieu de nous demander pourquoi nous n’arrivons pas à nous remplir de ceci ou de cela, demandons-nous plutôt de quoi nous sommes trop pleins !
La nature à horreur du vide vraiment. Lorsque nous n’arrivons pas à recevoir, demandons-nous si nous avons vraiment fait la place nécessaire pour accueillir ces nouvelles choses que nous attendons et désirons. Serions-nous tellement remplis de préoccupations, de préjugés, de croyances, de colères, de batailles et de pensées parasites que nous n’avons plus l’espace de recevoir ce à quoi nous rêvons secrètement et profondément ?

Toutes nos réalisations commencent par la création d’un espace pour les accueillir.

Alors envie de plonger dans le grand bassin de vos désirs ?