L’autorité est un terme que l’on comprend souvent mal et que l’on utilise mal. On le confond souvent avec l’autoritarisme qui est une forme abusive et arbitraire de l’autorité. Pourtant l’autorité est une notion simple est importante à comprendre. Il est indispensable de bien la comprendre et l’assimiler pour mener à bien nos œuvres.
Le mot « autorité » a la même racine latine que le mot « auteur » (pour ceux que cela intéresse, il s’agit du verbe « augere » qui signifie « faire sortir, promouvoir, accroitre, augmenter »).
Celui qui fait autorité est celui qui est l’auteur des choses. Les parents ont l’autorité parentale sur les enfants dont ils sont les auteurs. Un maître de conférences ou un écrivain fait autorité sur le domaine dont il est l’auteur.

Nous sommes tous auteurs de quelque chose. Donc nous sommes tous concernés par l’autorité que l’on pourrait définir comme la capacité d’assurer la protection et le développement de nos oeuvres.

Nous réfléchissons, travaillons, étudions un domaine, une compétence, un service dont nous devenons petit à petit les auteurs. Dans les entreprises les vrais auteurs des produits ou des services sont quelques fois des personnes qui n’ont aucune place hiérarchique particulière, mais qui ont su, par leur savoir-faire et compétence, comment donner naissance à un service ou un produit. Ce sont des auteurs presque anonymes qui exercent une autorité de manière très officieuse sur leurs créations,que l’entreprise exploite. On vient les consulter, mais on leur donne rarement le pouvoir de décision.

Ce sont les auteurs, mais ils n’ont pas accéder à l’autorité qui permet de protéger leurs œuvres. Par manque de positionnement de leur part, par excès d’autoritarisme de la part de ceux qui voudraient avoir autorité sur leurs oeuvres.

En ce moment, dans les entreprises, il est d’ailleurs de plus en plus rare que l’on confie l’autorité aux auteurs, même officieusement. La production des biens et des services n’est pas organisée autour de la pérennité des œuvres, mais de leur exploitation immédiate. On confie donc les bébés fraichement sortis de la pouponnière de leurs auteurs à des gestionnaires exploitant qui prennent l’autorité du développement et de la croissance à leur charge dans le but d’en tirer un profit personnel sans avoir à créer par eux-mêmes.

Le résultat que l’on voit actuellement, c’est la nomination à des postes d’autorité, de personnes qui ne comprennent pas vraiment la nature des produits et services sur lesquels ils ont autorité. Cela ne fonctionne pas et la motivation des vrais auteurs baisse, baisse, baisse. L’intégration des créateurs dans les entreprises est de plus en plus compromise.

Pour qu’une activité fonctionne, il est indispensable que l’auteur de cette activité accepte l’autorité qui l’accompagne. Les créatifs ont souvent du mal à accepter de prendre sur eux la responsabilité de leur création. Cela va pourtant devenir une exigence de plus en plus forte car la liberté de création est aujourd’hui contestée à ceux qui n’assument pas l’autorité qui l’accompagne.

Etre l’auteur d’un bien ou d’un service et faire valoir son autorité sur cette œuvre, ce service ou cette création, est un positionnement indispensable pour en assurer l’existence. C’est une attitude naturelle. Si vous êtes créateur de votre activité, n’ayez pas peur de faire autorité sur les domaines dans lesquels vous avez une maîtrise réelle. Il ne s’agit pas d’un acte de débordement abusif, mais d’un cadre indispensable à l’exercice du pouvoir de création.

Les excès d’autorité proviennent de ceux qui prétendent vouloir, ou savoir comment gérer quelque chose dont ils ne sont pas les auteurs. Ils deviennent des personnes autoritaires, c’est-à-dire des personnes qui, ayant du mal à créer par eux-mêmes autant d’abondance qu’ils le voudraient pour vivre une vie heureuse, essaye d’asservir les auteurs réels. En général, ils sont les premiers à critiquer violemment les auteurs.
Les créateurs prolifiques et confiants exercent, eux, une autorité naturelle douce sur leurs œuvres et ceux qui les aident à la développer.

L’autorité naturelle est bienveillante.