Le processus de la vie est intelligent. Nous n’en voyons pas toujours la structure ni la profondeur parce que nous sommes plongés dedans. La vie est construite pour nous toucher au plus profond de notre âme dès la plus tendre enfance afin de poser en nous un canevas, une grille sur laquelle on va fonctionner mécaniquement. On attire des gens avec lesquels on partage des expériences et on en repousse d’autres selon ce canevas, cette grille qui est inscrite en nous et que nous répétons. Ce n’est pas une calamité, c’est une nécessité pour que chacun de nous fasse son petit chemin, son évolution.

Nous sommes la partie la plus intime de nous-mêmes et la difficulté est bien de savoir qui nous sommes. Pour y parvenir, la vie se construit autour de nous suivant des cercles concentriques qui partent de nous et s’en éloignent. Plus ces cercles se rapprochent de nous, plus il nous est difficile de reconnaître ce qui s’y passe, plus ces cercles sont éloignés de nous, plus il nous est facile d’identifier ce qui s’y passe, car les cercles éloignés impliquent des personnes plus étrangères avec lesquelles nous avons noué des liens moins forts. Moins les liens sont forts et plus nous avons du discernement et du détachement, un détachement qui nous permet de tenter des expériences nouvelles sans risquer ce que nous craignons souvent de pire en s’affirmant soi-même : vivre le rejet, la colère, l’abandon, avec nos proches.

En nous éloignant des cercles les plus proches du centre nous nous permettons de vivre des expériences dans avec une plus grande sécurité affective, condition nécessaire à la guérison personnelle. Paradoxalement, ces éloignements sont souvent des engagements difficiles car plus on s’éloigne du centre, plus on s’éloigne des êtres qui nous rassurent affectivement.

J’identifie 7 cercles. On pourrait en concevoir moins ou plus en fonction du niveau d’analyse que l’on aura envie de développer. Ces 7 là me semblent une base intéressante, sachant que la vie étant plus complexe que nos petits schémas, tous s’interpénètrent tout le temps. Ces sept cercles sont :

  1. Soi, l’être avec lequel on est le plus intimement lié,
  2. Les parents, frères et sœurs et autres parents proches qui nous ont touché de près dans l’enfance et que nous sommes amenés à revoir souvent du fait de notre structure familiale. Cela peut inclure des grands parents, cousins ou des oncles et tantes par exemple,
  3. La famille que nous construisons avec nos conjoints et nos éventuels enfants.
  4. Nos amis, et voisins, ceux que nous faisons entrer dans notre cercle intime, dans notre maison, dans nos confidences, ou avec lesquels nous mettons en jeux notre réputation dans notre environnement proche.
  5. Nos collègues de travail, associés, collaborateurs, patrons, clients qui sont tous des personnes avec lesquelles on a des liens contractuels professionnels, donc structurels, difficiles à défaire.
  6. Nos accompagnants dans la vie, médecins, thérapeutes, avocats qui ont une implication forte à un moment donné mais qui restent liés à nous par un cadre choisi par notre volonté personnelle et sans contraintes matérielles et financières en cas de rupture du lien.
  7. Les étrangers, c’est-à-dire les gens que nous rencontrons pour un temps donné, et que nous quittons l’instant d’après sans qu’aucun lien structurel ou affectif durable ne soit créé. Cela peut aller de rencontres de vacances, au quidam qui fait un bout de métro avec nous, ou que nous croisons et avec lequel un événement en apparence insignifiante arrive.

Le schéma ci-dessous montre cette imbrication de cercles concentriques qui va du plus intime, vers le plus étranger.

cercles-relationnels1

Les applications de ce simple schéma sont infinies et j’ai tous les jours des expériences personnelles et des expériences observées avec les gens que j’accompagne qui me démontre à quel point ces cercles ont une réalité régie par des lois simples et naturelles que je développerais petit à petit dans ce site pour vous les faire partager.